Les avis d'une libraire-lectrice

J'ai la prétention de dire que je lis, en moyenne, 4 romans par semaine. A travers ce blog, vous pourrez vérifier si je n'exagère pas car je vais y mettre tout ce que je lis : romans, albums jeunesse, BD,... Dévoré, apprécié ou vite abandonné, chaque livre fera l'objet d'un petit commentaire.

jeudi 16 mars 2017

Je me suis levé et j'ai parlé, Ascanio Celestini, Notabilia

Vous avez vu/lu Discours à la nation ? Ou vu Laïka ? Si oui, tant mieux et vous pouvez aussi et évidemment lire ce texte sur et contre les prisons. Sinon, mettez-vous dès maintenant à lire cet auteur à l'oralité flamboyante. Ensuite, levez-vous et parlez. La parole est-elle une bombe ? 

mercredi 15 mars 2017

Confiscation, Marie-José Mondzain, LLL

Entendue plusieurs fois à la radio depuis la sortie du livre, l'auteure a un discours riche, intelligent et percutant. Souhaitant une réappropriation des mots et de leur sens ainsi que des images, elle imagine que nous pourrions vivre dans un monde à la radicalité créative ou à la créativité radicale dans lequel chacun aurait sa place et auquel chacun participerait. Enfin, c'est ce que j'en ai compris car si je pense avoir saisi le sens de la première moitié du texte, je n'ai pratiquement rien capté de la seconde. 

Police, Hugo Boris, Grasset

Trois gardiens de la paix : Virginie, Erik et Aristide, des flics en uniforme, des fonctionnaires en somme, à qui on donne un ordre de mission : escorter un ressortissant étranger, un Tadjik, jusqu’à l’aéroport et le remettre aux escorteurs de l’avion. L’ordre est simple, banal, mais… Il y a toujours un « mais », sinon il n’y aurait pas d’histoire. Ces trois agents sont aussi des hommes et femmes à part entière qui ont une vie propre, une conscience, une humanité, une âme.  Interpellant !

Article 353 du Code pénal, Tanguy Viel, Minuit

Martial Kermeur a tué. Le « requin » est mort noyé ! Le lendemain, il est arrêté. Il est prêt. Il avoue. Il n’y a pas d’arme du crime mais il y a un mobile, des mobiles. C’est face à son juge d’instruction qu’il se confie, qu’il se raconte, de façon objective, du moins à ses yeux… et aux nôtres également. C’est la confession intimiste d’un drame raconté superbement où le juge, comme le lecteur, sera son confesseur. C’est interpellant, prenant, émouvant. Coup de cœur !

samedi 11 mars 2017

Suisen, Aki Shimazaki, Actes Sud

Après Azami et Hôzuki, voici le troisième opus du nouveau cycle de cette auteure d'origine japonaise, vivant au Canada et écrivant en français. 
Dans ce roman-ci, nous suivons Gôro, homme d'une arrogance effrayante dont les blessures du passé vont ressurgir au fil du récit.
Si l'on n'aime pas cet homme pour lequel il est difficile d'avoir de l'empathie, on apprécie la puissance d'écriture de l'auteure qui parvient, avec des mots simples, à nous faire vivre tant d'émotions. 


Abolir le droit à la fortune, Philippe Richard, Couleur Livres

Un titre accrocheur, qui me parle, m'interroge. L'auteur, économiste, met donc cette question sur la table : ne devrait-on pas plafonner la richesse ? Cette dernière peut-elle vraiment être illimitée au bénéfice d'un seul individu ? 
Un texte un peu aride pour moi qui ne suit pas du sérail mais qui a le mérite de nous questionner et surtout de proposer la mise en oeuvre directe et immédiate de cette limitation.
A lire pour réfléchir, creuser, imaginer,...


Gabacho, Aura Xilonen, Liana Levi

Liborio, un jeune mexicain, a traversé le Rio Grande à la nage pour (sur)vivre dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Clandestin, il trouve un petit boulot chez le Boss(déjanté) qui tient une librairie hispanique. Liborio, l’Indio, a le poing qui part vide et le genou qui écrase les roubignoles, mais il sait aussi encaisser comme pas un. Et puis, il y a la gisquette, Aireen, dont il tombe foldingue. C’est Liborio le narrateur avec des flash-back plein la tête et c’est dans sa langue spontanée, nature, plus que verte et inventive qu’il nous entraîne dans son univers chaotique et cahoteux. Gabacho (les USA pour les Mexicanos) est un premier roman d’une jeune (et jolie) auteure mexicaine qui sait raconter des histoires passionnantes, et sa traductrice a su transposer en français ce récit détonant/détonnant (une gageure !). « Le choc des poings, le poids des mots délirants » (Vantroyen). Une très belle découverte et un réel plaisir de lire.